Entre nous: se lancer en affaires avec une amie, par le duo de K pour Katrine

Katrine Paradis (le fouet) et Marie-Josée Morin (la plume) ont lancé leur site de cuisine sans gluten et sans produits laitiers il y a à peine deux ans et on peut dire que la recette a bien réussi!
  Photos Ariel Tarr



Elles se sont rencontrées il y une douzaine d’années à un cours Cardio Plein Air qui s’est vite transformé en Cardio Jasette – les entraîneurs ne savaient plus quoi faire avec elles! Comme le dit Katrine, elles sont tombées sous le charme dès les premiers squats. À l’époque, Katrine était déjà très impliquée dans son Kiosque de limonade, un événement caritatif gourmand au profit du CHU Sainte-Justine. Très vite, Marie-Josée a décidé de mettre ses talents d’organisatrice hors pair au service de cette bonne cause en travaillant à la création d’un livre sur les meilleures recettes de desserts du Kiosque, en organisant des cuisines communautaires, en popotant et, surtout, en prenant beaucoup de plaisir dans cette aventure et celle qui a suivi, la série télé Un ptit gâteau à la fois.

D’où est venue l’idée du site?
Marie-Josée Lorsque Katrine a commencé à éliminer le gluten et les produits laitiers pour des raisons de santé, je lui ai proposé de lancer un blogue sur le sujet. Je me suis dit que si quelqu’un pouvait créer des recettes décadentes avec ces restrictions, c’était bien elle!
Katrine Je trouvais ça un peu ambitieux comme nouveau projet, car nous n’avions pas de connaissances poussées en photo et nous n’étions pas très hot côté techno, mais bon, on était pleines de bonne volonté alors on s’est lancées!
Cela dit, c’est l’expérience accumulée pendant vingt ans à cuisiner pour ma fille Margaux – elle a de nombreuses allergies alimentaires – qui m’a naturellement menée à la réalisation de ce projet. Avec le temps, je suis devenue une spécialiste de cuisine gourmande malgré les «sans»!

Une start-up, ça représente beaucoup de travail. Avez-vous de l’aide, des collaborateurs?
M.-J. Oui! Nos amies et nos familles. Pour commencer, Ariel, notre photographe, a accepté de travailler avec nous avec enthousiasme sans avoir un gros salaire! Elle y croyait! Et toute cette aventure n’aurait pu démarrer et se poursuivre sans Annick, l’amie d’enfance de Katrine, qui est indispensable autant comme conseillère qu’aux fourneaux, ma sœur Françoise, qui aide en cuisine, Margaux, qui fait le stylisme culinaire et qui conçoit des recettes depuis quelque temps, et puis Rosalie, Émilien, Sarah, et nos amoureux!

Comment partagez-vous les responsabilités?
K. Ça se fait naturellement. Marie-Josée a une très belle plume alors elle s’occupe de tout ce qui est rédaction, idéation et commissions. De mon côté, je m’occupe des recettes et je réponds aux questions des gens sur les réseaux sociaux. Reste la gestion, que nous faisons ensemble.

 

Vos recettes sont toujours appétissantes et vos photos sont magnifiques. Comment avez-vous réussi ce tour de force?
M.-J. Nous avons fait un premier test pour voir si nos recettes étaient photogéniques, et elles l’étaient! Je crois que c’est un peu l’ADN des recettes – et de Katrine. Elle a toujours créé des plats aussi beaux que bons, c’est naturel pour elle. Et sa fille Margaux est aussi tombée dans la même potion magique.
K. L’œil d’Ariel, notre photographe, fait aussi partie du résultat final. Les photos sont vraiment un travail d’équipe!

Où est votre espace de travail?
M.-J. Depuis le début, nous avons deux sièges sociaux: chez Katrine et chez moi! Ça se passe assez bien, même si mes enfants trouvent que nous parlons et rions un peu fort! Nos shootings se déroulent chez Katrine, et, ces jours-là, on déplace tout pour la journée. C’est l’invasion! Toute sa famille participe et c’est très généreux de leur part.
K. J’ai toujours aimé avoir de la visite alors ça va très bien de ce côté. Le plus difficile, c’est lorsque mon mari est à la maison. Il est tellement tannant qu’il me déconcentre! Une chance qu’il est souvent à notre chalet. Ça le rend heureux (c’est un genre Ovila!) et moi, ça me donne de l’espace pour travailler.

Développer des recettes en série, ça a changé quoi dans votre vie?
K. C’est certain que je fais beaucoup de vaisselle et que mon épicier Métro est devenu mon meilleur ami! Je dois inventer des nouvelles recettes constamment et la fatigue l’emporte parfois sur l’inspiration. Quand ça arrive, je prends une petite pause et ça finit toujours par revenir. J’ai la chance de travailler avec Margaux, qui me donne un coup de main côté recettes. C’est vraiment agréable et je me trouve bien privilégiée. Mais quand on a de gros photos shoots, je finis toujours par aller souper au resto!
M.-J. C’est Katrine qui cuisine le plus et elle cuisine pour elle en même temps que pour le site! Pour ma part, je fais beaucoup d’autres choses et, cuisiner pour ma famille, c’est agréable quand j’ai du temps pour le faire! Et il y a un avantage à revenir à la maison avec les recettes testées dans la journée!

Quel a été l’impact de ce projet sur votre amitié?
M.-J. Je dirais qu’on s’apprécie encore plus! Nous sommes très complémentaires et, plus on avance, plus on se rend compte de la chance qu’on a de s’avoir. Je sais que je peux écrire ça puisqu’on se le dit souvent!
K. Je suis bien d’accord et je trouve qu’en passant beaucoup de temps ensemble, on apprend à se connaître encore mieux. Ce sont les projets qui nous unissent, mais, si ça devait s’arrêter, je trouverais d’autres raisons pour faire durer notre amitié!

Quand vous êtes en désaccord, comment tranchez-vous? Vous êtes-vous déjà brouillées?
M.-J. On est du même avis la plupart du temps, même sans se consulter, et on est assez fières de ça! On n’a été réellement en désaccord qu’une seule fois, avant que le site soit en ligne. On a passé la fin de semaine toutes à l’envers, chacune de notre côté. On est assez moumounes! On s’est parlé, et ça s’est réglé!
K. Marie-Josée et moi sommes très transparentes avec les autres et entre nous. Il n’y a donc pas de mésententes majeures et, lorsqu’on a des points de vue différents, on arrive toujours à se rallier. Je me laisse parfois convaincre et, parfois, c’est moi qui arrive à convaincre Marie. On n’a pas des gros ego, alors ça aide!

C’est Katrine qui est le visage de la marque, et qui a de la visibilité alors que Marie-Josée est moins visible. Est-ce que ça pose problème?
M.-J. Je suis bien contente! Je n’aime vraiment pas être sous les projecteurs et Katrine est très à l’aise sur toutes les plateformes publiques en plus d’être pas mal cute!

Être à son compte, ça veut dire qu’on pense à son entreprise 24/7. Comment vivez-vous ça?
M.-J. Ces derniers temps c’est un peu intense, mais, en même temps, c’est notre bébé. Je sais que c’est très cliché de dire ça, mais c’est la vérité. On a tout conçu dans ce site, alors c’est naturel qu’on soit toujours là pour veiller à ce que rien ne cloche.
K. C’est vrai que c’est beaucoup de travail, mais c’est un bon timing dans ma vie. Je suis restée à la maison avec mes filles durant 16 années extraordinaires et j’ai vraiment envie de m’investir dans ce projet qui me passionne. Parfois on se trouve un peu vieilles pour devenir des «femmes d’affaires», mais nous nous sommes toujours dit qu’on le faisait dans le plaisir et que lorsqu’on n’aura plus autant de fun, on arrêtera et c’est tout!

À quel moment avez-vous réalisé que votre idée était vraiment bonne?
M.-J. Après quelques semaines seulement de mise en ligne. Les commentaires étaient tellement positifs!

Quel a été le rôle des réseaux sociaux dans votre succès?
K. C’est de là que provient tout notre trafic! Pourtant, nous n’étions vraiment pas du type réseaux sociaux. Ce sont nos enfants qui nous ont coachées.

Votre prochain projet?
M.-J. Des ateliers de cuisine, des capsules vidéo plus élaborées, d’autres magazines et une gamme de produits K pour Katrine.

LA question: mangez-vous «avec» gluten et des produits laitiers à l’occasion?
M.-J. Pour ma part, je n’ai aucune intolérance, alors je triche tous les jours!
K. Lorsque j’ai arrêté de manger des produits laitiers et du gluten, je l’ai fait très sérieusement pendant deux ans, car je voulais vraiment mesurer l’impact sur mes problèmes d’inflammation. Aujourd’hui, je me permets à l’occasion de manger du gluten, mais je fais vraiment attention avec les produits laitiers, qui me donnent des maux de ventre. Lorsque je vais au restaurant, toutefois, je suis tellement gourmande que je me laisse tenter par tout, gluten et produits laitiers inclus!

Les coups de cœur de Katrine

Une découverte
L’économe qui fait des juliennes de légumes

Trois indispensables dans la cuisine
Mixette, Microplane (j’adore le zeste) et mon presse citron/lime

Une référence recettes
Tous les Donna Hay et les magazines Bon Appétit

Un site de cuisine
My new roots ou Dolly and Oatmeal

Un compte Instagram
The green life

Un restaurant
Y’en a trop! Grumman ’78, Satay Brothers, Lucille’s au marché Atwater, Aux Vivres, Marconi, Maïs, Damas pour une soirée spéciale, La Bottega pour leurs entrées

Boutiques pour l’art de la table
West Elm, Arthur Quentin, VdeV, Anthropologie

Une nice cream
Toutes! Mais la meilleure dans la catégorie sans produits laitiers et sans gluten est la Coconut Bliss aux brownies.

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